Le Bar des Auteurs


Au rendez-vous des écritures d’aujourd’hui et des grands débats du monde contemporain, le Bar des Auteurs propose trois rendez-vous. Nous entendrons, par Stanislas Nordey, la lecture de Jeudi Saint, récit de Jean-Marie Borzeix. Nous profitons de la présence de Stanislas Nordey à Limoges pour l’inviter à reprendre la lecture, initiée par Théâtre Ouvert, en collaboration avec France-Culture, qu’il avait donnée à Théâtre Ouvert l’hiver dernier.

Puis en partenariat avec l’association Ecritures du Monde, deux rendez-vous croisés autour de la Palestine et d’Israël. En effet, les semaines ensanglantées de l’hiver dernier pourraient faire oublier qu’un dialogue existe entre intellectuels palestiniens et israéliens, tout comme existent des confrontations parfois animées voire violentes, à l’intérieur des deux sociétés. Dialogues, confrontations, où chacun interroge les fondements de son histoire et de son identité. Avec Mohamed Kacimi et Ariel Cypel de l’association Ecritures du Monde, nous avons invité deux personnalités tout à fait originales : Shlomo Sand l’Israélien et Salma Ahmed la Palestinienne, tous deux francophones. Le premier, historien formé en France et actuellement professeur à l’université de Tel-Aviv, a récemment publié un essai historique qui a enflammé les consciences : Comment le peuple juif fut inventé (éditions Fayard) ; la seconde, professeur au Centre Culturel Français de Gaza a tenu, sous les bombardements de l’armée israélienne, un blog qui a circulé dans le monde entier.





Bar du Théâtre de l'Union
lundi 28 septembre à 12h15 - entrée libre

Lecture de Jeudi Saint
de Jean-Marie Borzeix, avec Stanislas Nordey,
adaptation Jean-Marie Borzeix et Joël Jouanneau


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Le 6 avril 1944, un détachement de soldats allemands traquant les résistants, nombreux dans la région, investit Bugeat, dans le Limousin. Ils exécutent quatre paysans d’un village voisin, fusillés pour l’exemple. Jean-Marie Borzeix, enfant du pays, mène l’enquête soixante ans après, recueillant des souvenirs épars auprès des habitants encore vivant. Petit à petit, d’autres morts sont mises au jour, des enfants, des femmes, déportés vers les camps, déplacés par les évènements, parfois oubliés. La figure de Chaïm, jeune résistant juif assassiné, surgit du passé. Commence alors une enquête qui conduit Jean-Marie Borzeix jusqu’à Haïfa. Pièce après pièce, il reconstitue le puzzle éparpillé, la généalogie enfouie, le destin brisé de ce juif de Corrèze.


Jean-Marie Borzeix a été journaliste à Combat, au Quotidien de Paris, aux Nouvelles littéraires, directeur littéraire aux éditions du Seuil, directeur de France Culture, président de Télérama et, jusqu’en 2007, conseiller à la présidence de la Bibliothèque nationale de France. Il a publié en 2006 Les carnets d’un francophone (éditions Bleu autour).
Membre du Haut Conseil de la francophonie de 1985 à 2002, Jean-Marie Borzeix est président du festival international des Francophonies en Limousin depuis 2002.
Jeudi saint est publié chez Stock (2008)





Bar du Théâtre de l'Union
mardi 29 septembre à 12h15 - entrée libre

Rencontre avec Shlomo Sand
Comment le peuple juif fut inventé
Editions Fayard, 2009 – Prix Aujourd’hui 2009


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Shlomo Sand, né à Linz en 1946, participe comme simple soldat à la guerre des Six jours. Au milieu des années 1970, il complète ses études universitaires à Paris où il soutient une thèse sous la direction de Madeleine Rebérioux. De retour en Israël, il devient en 1985 professeur  d’histoire à l'Université de Tel-Aviv.
Shlomo Sand a publié en France Les Mots et la terre – Les intellectuels en Israël chez Fayard en 2006. En 2009, son dernier livre, Comment le peuple juif fut inventé a fait l’effet d’un coup de tonnerre qui l’a conduit à répondre à de nombreux interviews dans les medias (Télérama, Le Monde diplomatique, entre autres). Il y remet en question les justifications données à la création d’un Etat juif.


« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée ».

Dans ce livre d’historien, Schlomo Sand entend démontrer que les Juifs ne sont pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée, à l’époque du premier et du second Temple. Ils tireraient leur origine de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire, en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines. Non seulement les Juifs d’Afrique du Nord descendraient pour la plupart de païens convertis, mais aussi les Juifs yéménites et les Juifs ashkénazes en Europe de l’Est.
D’après Shlomo Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés qui, finalement, avec l’apparition du sionisme, souhaiterait revenir en masse sur sa « terre orpheline », ne relève que d’une « mythologie nationale », les premiers bourgeons du nationalisme juif se tournant au XIXe siècle « vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David ».

Autour d’extraits du livre, Mohamed Kacimi et Ariel Cypel demanderont à Shlomo Sand d’éclairer sa théorie.


Pour en savoir plus :
interviews de Shlomo Sand sur le site Géopolitique.com (19 mai 2009), dans le Monde diplomatique édition février 2009, ainsi que dans Télérama n° 3081 (« Israël a-t-elle perdu la guerre ? » ).






Bar du Théâtre de l'Union
vendredi 2 octobre à 12h15

Rencontre avec Salma Ahmed
Palestinienne de Gaza, professeur de français


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Le 27 décembre 2008, Israël lance sur Gaza l’opération «Plomb durci», bombardant massivement la bande de Gaza, opération qui ne cesse que le 18 janvier. Le 29 décembre, la jeune professeur du Centre culturel français de Gaza, Salma Ahmed, poste un premier billet sur le blog d’un ami, relayé vers des blogs du monde entier. Durant toute la durée de l’attaque israélienne, elle va ainsi témoigner de la vie quotidienne de Gaza sous les bombes.

Salma Ahmed, âgée de 25 ans, est née dans le camp de réfugiés de Jabalya, au nord de Gaza. Le village de sa famille, Al Falouja, a été détruit en 1948.

Diplômée de l'Université Al-Azhar à Gaza en 2006 (anglais-français), elle part en France, à Caen, travailler comme assistante de langue arabe de 2006 à 2008. Elle rentre en septembre 2008 à Gaza, où elle devient professeur de français au Centre culturel français, et à l'Université Al-Azhar.


Ariel Cypel et Mohamed Kacimi mèneront cette rencontre au cours de laquelle Salma Ahmed nous donnera des informations, de l’intérieur, sur la vie de l’enclave de Gaza, avant, pendant et après l’opération « Plomb durci » et sur les enjeux actuels de la constitution d’un Etat palestinien, tels qu’ils sont vécus par la population.