Les Inepties volantes
DE DIEUDONNE NIANGOUNA ET PASCAL CONTET
CONGO / FRANCE
THEATRE / MUSIQUE
Limoges - Opéra Théâtre
Samedi 25 septembre à 20h30
Durée : 1h30
Les Inepties volantes, mises en chantier en 2008 lors du Bar des Auteurs, bouclent la boucle en revenant à Limoges. Mise en mots distanciée et non dénuée d’humour d’un épisode sanglant de la guerre civile au Congo Brazzaville - Dieudonné Niangouna a été l’un des réfugiés dans la forêt en 1997, pris en otage par l’une des deux factions qui s’affrontaient - Les Inepties volantes ne sont pourtant ni un témoignage ni un récit documentaire.
Rescapé quasi miraculeusement, un milicien ayant reconnu le comédien qu’il est déjà, Dieudonné Niangouna a écrit, quinze ans après, un texte qui sort de lui comme un fleuve charriant les mots, et qu’il joue tout en puissance, comme une fuite immobile. La création musicale de Pascal Contet, son accordéon si expressif, évoque tour à tour l’essoufflement du fuyard et les pensées fracassées du rescapé…
Hymne à la vie et à la littérature, porté par le jeu étroit des mots et des sons, Les Inepties volantes, révélation du festival d’Avignon 2009, est un spectacle troublant et émouvant.
Texte, mise en scène et interprétation Dieudonné Niangouna
Création musicale et interprétation Pascal Contet
Lumières Xavier Lazarini
Compagnie Les Bruits de la rue
Production Bonlieu - Scène nationale d’Annecy, Festival d’Avignon.
Coproduction Allan Scène nationale de Montbéliard, Châteauvallon Centre national de création et de diffusion culturelles, Théâtre 71/Scène nationale de Malakoff, Théâtre d’Arras.
Avec le soutien de CulturesFrance dans le cadre d’Afrique en création, de l’Aide nationale à la création du CNT, de l’Aide à la production et à la diffusion du Fonds SACD, de l’Ina GRM, du Festival des Francophonies en Limousin, des Centres Culturels Français de Brazzaville et de Pointe Noire et de l’Etablissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette.
Accueil en coréalisation avec l’Opéra Théâtre de Limoges
Spectacle créé lors du Festival d’Avignon 2009.
Tournée : 16 novembre 2010, Châteauvallon - Centre national de création et de diffusion culturelles ; 18 au 22 janvier 2011 : Théâtre
Saint Gervais, Genève ; 3 et 4 mars 2011 : KVS à Bruxelles.
Extrait vidéo :
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Les-Inepties-volantes/extraits/
lien :
Cultures Sud : "L'art c'est d'échapper à la barbarie", entretien avec Dieudonné Niangouna, par Laure Naimski, octobre 2010
de brazzaville à kinshasa : l’aventure musicale de pascal contet
Avec « Les Inepties", mon premier choc et amour de l'Afrique - ce fut la découverte de passés douloureux : tel un musico-ethnologue à la recherche de l'indice révélateur, il s'agissait de rentrer dans le verbe, la verve et la pensée d'un auteur, qui plus est à très forte personnalité. Mais Dieudonné Niangouna aurait pu être lappon ou ouzbèque : la trame musicale aurait été la même ! En contrepoint de sa musique, littéraire, poétique et cruelle ! Je ne me suis jamais posé la question des origines musicales du Congo Brazzaville en travaillant avec Dieudonné car l’ailleurs était secret, lourd et immatériel finalement…
Musicalement, j'ai préféré sentir le pays, humer les silences de la brousse et combler une absence si présente dans les yeux des congolais ! Même si j’ai pris un immense plaisir à écouter les tambours, les Franco, Rochereau et autres Jacques Loubelo ...
Des rives du Congo, de Brazzaville, Dieudonné Niangouna m'a souvent montré Kinshasa en face, en me promettant un amusement sans limites avec les musiciens de Kinshasa et leur fureur de vivre, de sons, de bruits, de styles et de créativités, balancés à la figure, dès que vous posez le pied à Kinshasa, Kin pour les intimes…Le soir, de Brazzaville, je regardais les lumières de Kinshasa.
Grâce à Eric Girard-Miclet du Ccf de Pointe-Noire et à Françoise Gardiès du
Ccf de Kinshasa, il m'a enfin été possible de traverser le fleuve Congo pour aller à la rencontre des musiques métissées de Jupiter Okwess International…
Quelle personnalité !
Quel musicien sorcier !
Rejoindre Jupiter Okwess International à Kinshasa et ses musiques
métissées ("okwess" veut dire en lingala "bouffe") est d'un autre ordre - en écho de nos discussions avec Niangouna, j ai bien évidemment compris le sens du "mouvement perpétuel" de Kin : la ville qui ne dort pas !
Comme à Brazza, mais plus encore me semble-t-il, j'ai vu la souffrance d'un peuple et de ses enfants qui trouvent par de multiples et minuscules moyens des idées pour s'en sortir…
J'ai entendu les paroles d'artistes qui trouvent de temps en temps heureusement un soutien dans les institutions étrangères, qu'ils s'agissent des ambassades ou des centres culturels, ou des Francophonies en Limousin, mais je ne suis pas arrivé à comprendre pourquoi un gouvernement n'arrive pas à déceler l'or artistique qu'il détient !
Je pense à Kura, Vitschois, au Staff Benda Bilili croisé au coin d'une rue un début de nuit, et à tous ces musiciens comme Jupiter, qui opèrent "hors musiques commerciales , ces musiques qui "gueulent" sur les trottoirs de Kinshasa !
Cette force-là, et l'espoir de trouver un ailleurs possible, je l'ai ressenti avec Jupiter et ses musiciens !
Avec les Pygmées, venus nous rejoindre lors de notre première maquette,
effectuée dans les studios de la radio, ce fut une rencontre forte et naturelle… Depuis septembre 2009, je suis retourné 6 fois à Kin pour peaufiner le travail avec Jupiter ; nous avons appris à nous connaître et à insérer nos musiques - la
mienne plus contemporaine, pour entendre malicieusement de la part des
musiciens de Jupiter, à la fin d'une session : " tu nous as joué la
musique de la forêt tropicale " et aussi : " les sons étranges que tu mets
dans nos musiques métissées aident à nous soigner " - bref je suis
devenu pour eux "l'albinos" de leur groupe et c'est un honneur !
J’ai été sidéré par leur acuité musicale malgré des instruments approximatifs (manque viscéral de moyens une fois de plus), par l'intuition de leurs gestes musicaux ! Nous avons commencé un concert en totale impro free - ce qui n'est pas vraiment dans la culture de Jupiter Okwess et ce fut un début de concert étrangement naturel et partagé pour ensuite s'envoler vers des mélodies plus reconnaissables !
Le chemin avec Jupiter n'en est qu'au début , le manque de moyen, de
visas, etc fait que cet échange-là est moins facilement exportable que l'or, le pétrole, le gaz ou l'argent !
Une hâte et un souhait ? Que le public des Fancophonies découvre a
Limoges dans une prochaine édition la force inimaginable de ce Kinnois
aux origines équatoriales ! Bon festival et ravi de vous y retrouver !
Pascal Contet
Message personnel : si une envie de vous debarasser de vos guitares , saxos, trompettes et autres instruments de musique vous prend : contactez moi ! Nous les ferons parvenir au "conservatoire " et aux musiciens de Kinshasa qui en ont cruellement besoin ! Merci pour eux !
www.pascalcontet.com