Gustave AKAKPO
Togo
Auteur, illustrateur, conteur et comédien. Animateur culturel.
Bourse de Beaumarchais - 2002
Dates de résidence : de septembre à mi-octobre 2002 et de novembre à mi-décembre 2003
Né en 1974 à Amého, Gustave Akakpo reçoit en 1999 le premier prix junior Plumes Togolaises au Festival de Théâtre de la Fraternité, organisé à Lomé, au Togo.
Il a participé à plusieurs résidences et chantiers d’écriture, au Togo,en France, en Belgique, et bientôt en Syrie.
Egalement animateur culturel, il préside l'association "Escale des écritures" créée à la suite de chantiers d'écriture organisés au Togo par l'association "Ecritures vagabondes".
Gustave Akakpo est lauréat 2004 du prix SACD de la Dramaturgie francophone pour sa pièce La Mère trop tôt et lauréat du 6ème Prix d'écriture théâtrale de Guérande 2006 pour sa pièce A Petites Pierres.
théâtre
La Mère trop tôt
Une bouleversante petite mère de treize ans conduit sa bande d’enfants perdus à travers une guerre qui n’en finit pas. Sur un ton singulier de poésie et de cruauté, parfois même avec un soupçon d’humour, l’auteur nous invite à suivre ses personnages pathétiques dans leur errance hallucinée.
Nombre de personnages : 2 femmes, 6 hommes.
Editions Lansman, coll. Ecritures vagabondes, avril 2004.
Tac-Tic à la rue des Pingouins
Se réveiller le matin et être "Elle" quand on est "Il" a de quoi perturber. Surtout quand la métamorphose se passe en toute conscience et dans l'indifférence générale. Surtout quand on croise un "Il" qui se présent être "Elle" et qui vous ressemble étrangement.
in 4 Petites comédies pour une Comédie, Lansman, 2004.
Ma Férolia (inédit)
Retour de deux exilés, Gil et Yak, au pays natal, mais retour qui s’organise comme une fuite sur une plage clandestine. Comment les personnages arrivent-ils à prendre corps dans cet espace réduit alors même que le départ pour la terre d’origine devient aussi problématique que jadis l’aller vers la terre d’exil ?
Création aux Récréatrales à Ouagadougou, fin août 2003, repris au festival des réalités à Bamako (2004), au Centre Culturel Français de Lomé (2004) et au Festival de théâtre de Parmes (2005).
Les baskets d'Ali
Mise en scène par Amoussa Koriko à l'espace culturel Marina de Lomé (2004)
Demain, je sais pas (inédit)
Hangar d’un vieux port. Killer, chef de gang, y donne rendez-vous à Anna, fille de “bonne famille” ; contre toute attente, elle vient. A la violence de Killer, elle oppose un calme déroutant. Image d’une jeunesse prise entre le désir de tout exploser à la face du monde et la norme sociale qui impose retenue mais parfois engendre une violence souterraine qui ronge tout de l’intérieur.
Catharsis
Une femme, quelque part en Afrique, crie ses douleurs. Elle est dans un cimetière, appréhendé ici comme lieu de transition entre deux vies – l’ancienne et la nouvelle - et rencontre successivement ses trois fils. Ils accusent leur mère ouvertement de les avoir abandonnés, de s’être prostituée. Ils n’en peuvent plus de cette douleur, de cette haine et de l’incompréhension. Une allégorie de la « mère » patrie et de ses enfants qui souffrent au présent et tremblent devant un avenir incertain.
Lecture dirigée par Yves Bombay, "Ecrits de résidents", 21es Francophonies en Limousin, Limoges oct. 2004.
Création aux 23es Francophonies en Limousin en octobre 2006, mise en scène Jean-Claude Berutti, Comédie de Saint-Etienne (tournée en France d'octobre 2006 à janvier 2007 et en Afrique en 2007). Publié aux éditions Lansman, 2006
Extrait :
Ellè : Tais-toi ! Sur les murs du temple de l’Oracle, il est écrit : « Le non initié qui donnera vie au rituel suppliera la mort de le délivrer de ses tourments. »
IIlèfou : « Mais les dieux au gré de leurs caprices au présomptueux feront peut-être clémence. » Il est aussi écrit.
Ellè : Va-t’en !
IIlèfou : Tu dis « va-t'en ! », comme on demanderait au gosse qui importune d’aller jouer dans la rue ; ici, les vers ont rongé la rue comme une décadence immémoriale ! Difficile de me forger ma tête à l’idée qu’ici fut un royaume, que tu fus reine, que je suis prince, que les hordes de vers voraces se déchiquetant l’espèce de pays… Pourquoi ne suis-je pas comme eux ? comme mes frères se déchiquetant l’espèce de pays ? Tous assoiffés de pouvoir prendre ta place ! Je débrouille ma vie en vice versa dans ce fourbi ! Tu me fais éclater de rire avec ton « va-t’en » ; éclater de rire ! Regarde comme j’éclate !
Tulle, le jour d'après
Jean, ancien maquisard, ancien déporté de la guerre 1940-45, vit à Tulle avec sa belle-fille et son petit-fils. Il a vu mourir sa femme en déportation tandis que son fils a été pendu par les SS.
Bernhard a aussi fait la guerre ; mais il a par la suite perdu la mémoire. Un séjour dans la famille de Jean l'aiderait peut-être à la retrouver. Mais la présence d'un tel hôte ne replongera-t-elle pas la famille dans un passé douloureux pas si lointain ?
Mise en lecture par Marie-Pierre Bésanger, lecture Philippe Ponty - Bottom Théâtre (Corrèze) - mars 2006
Habbat Alep (Boutondorient)
Théâtre, inédit, 2005, texte écrit au cours de la résidence d'écriture à Damas et Alep (Syrie) en octobre 2004,
A petites pierres
Théâtre, inédit, 2005
Arrêt sur image
Théâtre, inédit, 2005. Lecture par Fargass Assandé (Côte d'Ivoire) dans le cadre d'Ecritures d'Afrique, organisé par Culturesfrance, du 9 au 13 mai 2007 au Théâtre du Vieux Colombier à Paris
Que fait t’on des rêves d’enfance ? Que fait t’on des désirs parentaux ? Dans une langue
brutale, Gustave Akakpo fait parler un « passeur », l’un de ceux qui aident les clandestins
à franchir illégalement les frontières… S’il rêvait d’autre chose, la vie a choisi pour lui.
Dans un moment extrême où sa vie est en jeu, un « passeur » rôdé au commerce douteux des
voyageurs clandestins, se remémore son enfance face à un père brutal et autoritaire, qui n'eut
de cesse de le rabaisser, de l'humilier tout au long de sa jeunesse.
S’adressant à ce père défunt qui le rêvait footballeur ou soldat au service de son pays, il lui
confesse ses basses activités et toute la noirceur de son âme.
Y a t’il une issue quand tout, y compris son âme, est perdu ?
Outre-ciel
Textes de Léopold Senghor, Tanella Boni, Gustave Akakpo, théâtre, inédit, 2005
L’Afrique a une tradition du dire, où foisonnent histoires et légendes. Chez les Éwés du sud-Togo, la légende raconte qu’avant la naissance du monde, il y avait un être divin, unique, androgyne : Mawu-Lissa. Mawu étant la féminité, douce, généreuse, à l’image d’une Pénélope, alors que Lissa affirme l’aspect mâle et guerrier. Ils se séparent et donnent naissance au monde. L’univers résulterait de cette séparation ; toute la création se présente comme un témoignage vivant des liens d’amour que Mawu et Lissa se sont jurés de garder au-delà de la distance. Parler d’amour c’est aussi oser des mots sur les rapports entre hommes
et femmes en Afrique. Comme partout ailleurs, ils ne sont pas simples ; surtout lorsque Mamy-Watta, la séductrice déesse de la mer, ou Legba, le gardien des portes et des carrefours, s’y mêlent.
5 personnages : 2 hommes, 3 femmes. Mise en scène de Luis Marquès, théâtre Comédia Paris, octobre 2006
littérature jeunesse
Querelle au pays de l'alphabet
album de littérature jeunesse, L'Harmattan, 2003, illustration Kany Adrien Folly et Taofil Adekpodjou, bilingue français/ewe.
Titi la fontaine
album littérature jeunesse, l'Harmattan, 2003, illustrations Norbert Kokorolo, bilingue français/ewe.
Le Petit monde merveilleux
roman, illustrations Dominique Mwankum, coll. Lampe de Poche, éd. Grasset et Fasquelle, mars 2007.
autres textes inédits
Pour un ciel bleu
Djitri
portraits
Je ne sais à quel moment j’ai pleinement pris conscience de mon appartenance à l’espèce des ruminants. Ce que je sais par contre : régulièrement des pans entiers du monde s’offrent un séjour dans mon ventre puis, avec l’urgence d’une diarrhée bicyclette, me remontent à la gueule et à défaut de crier j’écrie ; c’est la part de mon ventre que je me donne l’illusion d’ajouter au monde. Je me joue la farce d’y croire et je me tords comme le gamin qui s’amuse du bon tour qu’il vient d’exploser à la face de son petit monde. Peut-être, j’y crois vraiment ; peut-être bien que cette croyance n’est elle-même qu’une farce qui m’a précédé. Ce dont je suis certain : ruminant farceur, voilà la part de moi que je mets au monde.
Gustave Akakpo
... Voilà, c'est ce que j'aime chez toi, que tout se dise, à demi-mot, même si l'on est dans la palabre de la Mère de Catharsis (véritable pièce de guerre), tu t'arranges toujours pour que les personnages ne disent pas vraiment, en direct, le pourquoi de leurs actions, de leur situation, mais qu'à demi-mot se murmurent leurs souffrances, même dans l'impudeur extrême de Catharsis. Cette manière de clair-obscur vient dans cette pièce-là de l'utilisation du grotesque qui évite qu'on se trouve devant une revendication de plus de la misère face à la richesse ; l'écriture tisse avec les fils du carnaval une fable secrète qui parle aussi de séparation, celle de la mère avec la diaspora familiale..."
Jean-Claude Berutti
résidences
Octobre 2004, résidence à Damas et Alep (Syrie) en octobre 2004, organisée par les services culturels de l'Ambassade de France en Syrie et l'association Ecritures vagabondes (bourse de l'A.F.A.A.).
2005, résidence au Centre international d'accueil et d'échanges des Récollets à Paris (Mairie de Paris / Ministère des Affaires étrangères).
liens
Africultures
Théâtre contemporain,
Afriblog : le blog de Gustave Akakpo
mise à jour novembre 2007
photo Patrick Fabre, 2002