Marie-Louise Bibish Mumbu
R.D. Congo
Journaliste culturelle, auteur
Dates de résidence : mi-février, mi-avril 2009
Née à Bukavu (RD Congo) en 1975.
Diplômée en 2002 de l'Institut Technique des Sciences de l'Information et Communication à Kinshasa (ISTI) en Journalisme.
Rédactrice, écrivain, elle est l'auteur du Carnet de la création sur le plasticien congolais Francis Mapuya (éditions de l'Œil) et de Mes Obsessions : j'y pense et puis je crie ! , chroniques de la vie quotidienne de Kinshasa qui constituent l'une des matières du spectacle de Faustin Linyekula Festival des mensonges, dont elle a été également interprète.
Elle a travaillé dans l'administration et la production pour différents artistes et projets culturels : les Studios Kabako, structure congolaise de danse contemporaine, jusqu'à l'été 2003, le chorégraphe français Thomas Duchâtelet (été 2003), Astrid Mamina, metteur en scène, ou le projet Cauri à Kinshasa (automne 2004) organisé par l'association marseillaise AMI - Aide aux Musiques Innovatrices, en partenariat avec la Halle de la Gombe et sa structure, LOBI, qui œuvre dans l’accueil, la production et l’organisation d’évènements.
Elle a participé à des stages de journalisme et à plusieurs ateliers d’écriture (Guy-Junior Régis, Olivier Coyette, Sonia Ristic, Odile Zeller, Jean-Luc Outers, Matthieu Malgrange).
Marie-Louise Bibish Mumbu est correspondante d’Africultures, revue culturelle trimestrielle. Elle vit à Kinshasa, où elle est connue sous le nom de Bibish, et se consacre maintenant à l'écriture.
textes
Samantha à Kinshasa – roman, éditions Le Cri, Collection Espace Sud, novembre 2008
Extrait : « Assise sur le siège 19A de l’Airbus A330 d’Air France à destination de Paris, je bois. Du rouge. Je ne lis pas Le Soir ou Le Monde. Je n’engage pas la conversation avec mon voisin, un quadragénaire blanc. Moi, si bavarde d’habitude, je ne parle pas. Je n’écoute pas de musique, je ne regarde pas de programme spécial. Dessins animés, films sortis récemment au cinéma, infos, jeux vidéo. Rien de tout cela ! Non, moi, là, dès que l’avion a atteint sa vitesse de croisière, je me suis mise à penser…
Ils font quoi à cette heure, les gens de mon quartier ? Les nouveaux locataires ont-ils enfin emménagé ? Des jeunes mariés. L’épouse va sans doute faire les frais des « mamans » du quartier, elles sont comme ça au début. Elles voudront tout contrôler, son panier quand elle revient du marché, ou quand elle fait la cuisine, comment elle s’habille, est-ce qu’elle est arrivée enceinte – où cela s’est-il fait là -, comment parle-t-elle, en quelle langue, qui sont ses amis d’ailleurs ? Des choses comme ça. Après, ça ira… »
Nouvelles de Kinshasa – Une valse hésitante – Avril 2008.
Allers-retours – ouvrage collectif, Association des Revues Plurielles, décembre 2008.
La Fratrie errante- Juin 2007, éditions de l'Œil (Les Carnets de la Création).
Mes Obsessions, j’y pense et puis je crie ! - Juin 2004, parution Halle de la Gombe, décembre 2004.
Les Carnets de la Création : Francis Mampuya, peintre - Février 2003, éditions de l'Œil.
Logiques Urbaines à Kinshasa - Décembre 2002.
Dans la cuisine, des morceaux d’espoir… - Avril 2008.
La petite peste d’à côté - Avril 2007.
Mes folles années II : Hypnose. A Rebours, Mars 2007.
Chansons sans air - Chroniques kinoises, Décembre 2006.
Mes folles années I : Examens d’état - Mai 2006.
articles publiés
Une quarantaine d'articles publiés dans Africultures
Reportage Chauffeurs de mots, publié dans la revue Stradda, n° 8 spécial Afriques, avril 2008
mise en scène
La Fratrie errante - mise en scène de Faustin Linyekula, création aux 24es Francophonies en Limousin, Limoges, 2007.
distinction
Prix Mark Twain / octobre 2009, prix littéraire mensuel décerné par l'Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa, pour sa nouvelle "Moi et mon cheveu".
residence à la Maison des Auteurs
le projet d'écriture : Barrières, Murs et Rive Gauche
Note d’intention
Le thème abordé est celui de l’exil. Sortir à tout prix des frontières de sa maison, de sa vie, de son quartier, de sa voiture, de son pays, du connu, de l’habituel… Avec l’infime conviction que cela puisse être la solution à tous nos problèmes. Ce thème, l’exil, constitue avec l’enfermement les deux facettes sur lesquelles je puise, depuis quelques années, l’énergie d’écrire. Ce sont mes moteurs !
Pourquoi ce texte, « Barrières, Murs et Rive gauche » ? A cause de cette forte envie d’écrire enfin du théâtre, de dire, de raconter des évidences d’ici, à quoi renvoie l’exil, besoin de le faire dire par un personnage, qui raconterait le quotidien, les fureurs, les colères, les tristesses, la joie d’une existence. En quoi parfois tient un bonheur, si infime soit-il…
Comment certains partent, pour mieux revenir.
Mais le dire, avec et par le théâtre. Forte du fait que mes précédents textes (« Mes obsessions » ou « La Fratrie errante ») aient pu inspirer certains metteurs en scène, parce que porteurs peut-être d’une certaine théâtralité.
Résumé de l’œuvre
« Barrières, Murs et Rive gauche »raconte l’envie de partir, la soif de l’ailleurs, le besoin d’une trêve que raconte Missenga, une pute pas comme les autres. Elle n’est pas comme les autres parce qu’elle est dans un lieu et dans un accoutrement qui lui sont propres.
Elle, son trottoir est celui du boulevard Triomphale. Elle, elle choisit qui, quand, où, comment. Elle, ses tarifs sont particulièrement spéciaux. A cause peut-être d’une vie passée, stable, aisée et équilibrée, jusqu’à ses dix-huit ans, quand elle perd ses parents et qu’elle doit apprendre à vivre ailleurs… Ses tarifs sont spéciaux et son boulevard, Triomphale, à cause peut-être d’un vécu qu’elle avait et qu’elle a perdu. Elle traîne peut-être dans ce trottoir, pour fuir sa réalité actuelle : elle vit sous la tutelle d’une infirme dans une chaise roulante. Sa tante Mujinga. Ils sont trois à subir la tante, ses deux jeunes frères et elle !
Elle est ici, mais elle rêve de là-bas, de l’ailleurs…
Et des fois, il lui arrive de converser avec son défunt père…
C’est pour ça qu’elle est une pute spéciale, qu’aucun homme n’arrive à toucher, à mâter, à coucher. Sauf peut-être ce policier français qui va la refouler dans son « ici »…
Retour à la case de départ ?
le projet d'animation
Marie-Louise Bibish Mumbu est accueillie en résidence d’écriture à la Maison des Auteurs des Francophonies en Limousin du 10 février 2009 au 10 avril. Dans le cadre de sa résidence d’écriture, elle participe à un programme d’animation littéraire en lien avec le tissu associatif et culturel de la Région Limousin. En voici quelques exemples :
Lecture et rencontre avec le public à Tulle – en partenariat avec Peuple et Culture Corrèze
Rencontre avec deux classes de terminale du Lycée Edmond Perrier ayant travaillé sur les représentations qu’ont les occidentaux sur le continent africain. Marie-Louise Bibish Mumbu évoquera à cette occasion son parcours d’auteure et de journaliste kinoise.
Lecture par Marie-Louise Bibish Mumbu de Mes obsessions, j’y pense et puis je crie !, texte qui offre un regard sur la vie d’une jeune femme à Kinshasa, un vécu, un point de vue interne et dynamique, un second regard sur cette ville. La lecture sera précédée de la projection du documentaire de Clarisse Muvuba Les fils de la vie et de la mort
Dans certains quartiers de Kinshasa, ce sont les fils électriques qui rythment la vie des habitants. Les coupures d’électricité sont fréquentes, le bruit des groupes électrogènes assourdissant. Les hommes se relaient pour entretenir et surveiller les lignes électriques, éviter une nouvelle panne de courant.
Lectures et rencontres avec le public lors de la 4e édition du festival Nouvelles Zébrures 2009
La présence de l’auteure pendant le festival sera marquée par 3 temps forts :
Rencontre et lecture des textes de Marie-Louise Bibish Mumbu et de Fiston Nasser Mwanza Mujila écrits pour l’exposition photographique Congo Eza. Les deux auteurs et les photographes congolais invités présenteront à cette occasion le projet Congo Eza et parleront de la situation de guerre en République Démocratique du Congo.
le 25 mars à 18 h 00 à la Galerie des Coutures – 55 avenue des Coutures à Limoges. Entrée libre.
Lecture publique de Chansons sans air – Samantha à Kinshasa
L’auteure pourra, à la suite de lecture, parler avec le public de son parcours de journaliste à celui d’auteure, partager son regard sur sa ville et sur son pays.
Le 26 mars à 18 h00 dans la salle de spectacle du lycée Léonard Limosin – 13 impasse des Clairettes à Limoges. Entrée libre. Mise en lecture par Catherine Boskowitz.
lecture et projection vendredi 27 mars à 20h30 à Tulle (salle Latreille)
en partenariat avec Peuple et Culture.
Projection du documentaire de Clarisse Muvuba Les fils de la vie et de la mort
Dans certains quartiers de Kinshasa, ce sont les fils électriques qui rythment la vie des habitants. Les coupures d’électricité sont fréquentes, le bruit des groupes électrogènes assourdissant. Les hommes se relaient pour entretenir et surveiller les lignes électriques, éviter une nouvelle panne de courant.
Cette soirée se poursuivra avec une lecture par Marie-Louise Bibish Mumbu de son texte Mes obsessions, j’y pense et puis je crie !, texte qui offre un regard sur la vie d’une jeune femme à Kinshasa, un vécu, un point de vue interne et dynamique, un second regard sur cette ville.
Fiston Nasser Mwanza Mujila l’accompagnera et proposera une lecture de son texte Dehors.
Un atelier d’écriture pour une appréhension du Congo en images
Marie-Louise Bibish Mumbu a récemment collaboré à la création du recueil de photographies Congo Eza (Africalia Editions & Roularta Books – Bruxelles 2007), en proposant deux textes d’accompagnement sur les thématiques abordées dans l’ouvrage. Souhaitant échanger avec des enfants, sensibles à l’image et aux jeux d’écriture, Marie-Louise Bibish Mumbu rencontrera un groupe d’enfants fréquentant le Centre de Loisirs de Panazol. A partir des images du livre, elle leur proposera un atelier d’écriture intitulé « Je me souviens… » au cours duquel chacun pourra évoquer, comme son nom l’indique un souvenir, lointain ou non, à partir d’une des thématiques abordées dans l’ouvrage.
Les 8 thématiques sont : Koyekola (apprendre, éduquer, grandir), Kobouger (bouger, se déplacer), Kolingana (s’aimer), Kobeta libanga (se débrouiller, survivre), Komilakisa (se montrer, poser, paraître), Kosambela (prier), Kokoma (écrire, tracer, communiquer), Kopona bakambi (choisir, élire, voter).
A l’issue de l’atelier d’écriture, le groupe d’enfants et l’auteure se rendront à la Galerie des Coutures à Limoges qui accueillera, du 10 mars au 18 avril et ce à l’occasion de la venue de l’auteure, l’exposition photographique Congo Eza tirée du livre (photos de la vie courante au Congo).
Cette rencontre sera l’occasion d’apprécier les photographies en tant que telles, leur mise en espace, et de présenter les textes écrits par les enfants puisqu’ils seront intégrés à l’exposition par la galeriste.
liens
Africultures
Studio Kabako
CulturesFrance
Afriblog
Congokulture : interview de Marie-Louise Bibish Mumbu par Lina Racine
Lire l'article "Bibish Mumbu, la plume volante" de Eric de Bellefroid (17/10/2007 in La Libre Belgique)
mise à jour 10 février 2009
photo Véronique Framery