Fiston Mwanza Mujila
R.D. Congo
poète, nouvelliste et dramaturge
Dates de résidence : mars 2009
Né vers les années 1981 Fiston Mwanza vit et travaille à Lubumbashi.
En même temps que ses humanités littéraires et des études universitaires en Lettres et Sciences Humaines (achevées en 2007), il participe régulièrement aux activités littéraires organisées dans sa ville natale (Libre-écrire, Fabrik Artistik...), à Kinshasa (Ecritures Kinoises au Tarmac des Auteurs, à savoir : des stages d'écriture animés par Sonia Ristic, Gustave Akakpo, Guy Régis Junior, Olivier Coyette...) et à l'étranger (Festival International de Littérature Kwani à Nairobi et Lamu, Manifestation Yambi en Belgique...).
Il collabore régulièrement avec Valérie Baran (Tarmac de la Villette), Israël Tshipamba (directeur artistique du Tarmac des Auteurs), Marie-Louise Mumbu (auteure), Papy Mbwiti ( auteur-comédien) ainsi que les plasticiens Prince Tshime et Thonton Kabeya.
En mars 2010, il participe à Nouvelles Zébrures. Son texte Tram 83 est lu par Marcel Mankita, sous la direction de Catherine Boskowitz.
Percutante et originale, son écriture, traversée d’équations mathématiques et de dessins scientifiques, charrie des mots sortis de l’univers scientifique. (Spécial YAMBI 2007- Arts de la Scène et Litterature)
textes publiés
Funérailles d'Ignace d'Antrian, Centre-Wallonie Bruxelles de Kinshasa et les Archives et Musée de la Littérature à Bruxelles.
Un corps vide dans Chroniques du Katanga, Editions Sépia.
Poèmes et rêvasseries de Poèmes de l’aube contractée, reconvertie et perpétrée dans l’arène des sépultures maudites… (initialement prière aux dieux), Lingkua Ediciones
Congo Eza, photographes de RDC, ouvrage collectif (25 photographes, 4 écrivains), Africalia Editions / Roularta Books 2008
textes inédits
Tram 83
La Nuit
Dehors
Et les moustiques sont des fruits à pépins...
Te voir sur tes deux pattes ne fait que mettre de l'eau au feu...
Résidence
Résidence d'écriture à la maison Heinrich Böll-Haus en Allemagne, fin 2008.
Distinction
Médaille d'or du concours de littérature (nouvelle) des VIes Jeux de la Francophonie 2009 à Beyrouth.
à propos de Tram 83
mise en lecture : Marcel Mankita, sous la direction de Catherine Boskowitz / Nouvelles Zébrures à Tulle, Faux-la-Montagne, Limoges, mars 2010.
extrait
Ils prirent la troisième table de gauche à l’angle du comptoir qui offre une vue imprenable et sur les
portes d’entrée et sur les jazzmen qui continuaient à martyriser le dieu Coltrane et sur les toilettes
et sur le comptoir et sur une rangée des filles-mères, allergiques, agressives, célibataires ou mâtures.
Un conseil d’ami, si vous prenez un pot et si vous voulez contrôler la circulation et les livrets
de baptême, installez-vous de manière à maîtriser du regard les espaces précités, récapitulons :
le comptoir, les installations sanitaires, les femmes seules, les portes d’entrée, les musiciens, même
quand ils se ruent dans les loges à fumer leur marijuana, les serveuses, les aides-serveuses... Les
professionnels savent de quoi on parle.
note de Marcel Mankita
«Au bout de la première lecture de ce texte, s’est imposé à moi un mot : sauvage.
Quand, par la suite, j’ai appris que l’auteur ne faisait pas partie du monde du spectacle
vivant (ni comédien, ni metteur en scène…), je me suis dit que c’est probablement pour
cela qu’il était ou semblait être si libre, si préservé du souci de polissage. C’est d’ailleurs ce
qui fait, de mon point de vue, le principal charme de ce texte. La rugosité.
Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que la belle rythmique souvent hachée de ce
texte et l’humour qui s’en dégagent ne relèvent certainement pas du gratuit.
Quant à la description des lieux, de leur contenu, Fiston Mwanza est un bon peintre… un
pinceau, de la gouache ou je ne sais quelle autre mixture et voilà de magnifiques fresques.
Sordides, certes, mais magnifiques.
Un auteur si détendu ou si délibérément iconoclaste, sort, à coup sûr, le lecteur ou
l’auditeur de son confort habituel, de son ordinaire.»
mise à jour mars 2010
photo Patrick Fabre, mars 2010