Moussa KONATE
Mali
Bourses du Centre national du Livre - 1990 et 1999
De tous les écrivains (contemporains) maliens, Moussa Konaté semble être le seul à vouloir vivre de sa plume. En effet, pour mieux se consacrer à l’écriture, Moussa Konaté, alors professeur de français au lycée, n’hésite pas à abandonner la fonction publique malienne sans réclamer aucun droit, après plusieurs années de travail.
Cette décision fut, à l’époque, considérée comme de la pure folie, car personne ne croyait qu’il soit possible de vivre comme écrivain au Mali. Moussa Konaté a d’abord été servi par une extraordinaire volonté de réussir, ce qui lui permit de surmonter bien des difficultés. C’est ensuite son amour pour la littérature qui fit le reste.
Déjà en 1970, alors qu’il passait le baccalauréat, ses premiers textes étaient en chantier. Lorsqu’il publie son premier roman Le Prix de l’âme en 1981, sa maîtrise de la langue de Voltaire ne fait aucun doute. Loin de se douter du sort qui sera réservé à ce texte, il continue d’écrire. Si bien qu’au bout d’une décennie, il ne comptait pas moins d’une dizaine de titres. Aussi quand Massa Makan Diabaté meurt en 1988, Moussa Konaté est-il propulsé au-devant de l’actualité littéraire malienne comme le meilleur représentant de la littérature de son pays.
En 1997, Moussa Konaté crée les éditions Le Figuier, devenant ainsi le premier écrivain éditeur du Mali. Sans renoncer à son amour pour la littérature francophone, il travaille à la diffusion du savoir au sein du monde rural à travers des publications en langues nationales du Mali.
Il réside aujourd’hui en Limousin où il a créé début 2006 la Maison d'édition "Hivernage". Il est également co-directeur du festival Etonnants voyageurs de Bamako au Mali.
Moussa Konaté a reçu le Prix Sony Labou Tansi des lycéens 2005 pour sa pièce "Un appel de Nuit" (Editions Lansman).
romans
L'Empreinte du renard, Fayard, 2006.
L’assassin du Banconi, suivi de L’Honneur des Keita, Editions Gallimard, Paris, 2002.
Goorgi, Le Figuier, Bamako, Mali, 1998.
Les Saisons, Editions Samana, Bamako, Mali, 1990.
Chronique d’une journée de répression, L’Harmattan, Paris, 1988.
Fils du chaos, L’Harmattan, Paris, 1986.
Une Aube incertaine, Présence Africaine, Paris, 1985.
Le Prix de l’âme, Présence Africaine, Paris, 1981.
contes
Sitan, la petite imprudente, Le Figuier, Bamako, Mali, 1997.
Barou et sa méchante marâtre, Le Figuier, Bamako, Mali, 1997.
L’Hyene et le Malin Fafa, Le Figuier, Bamako, Mali, 1997.
Les Trois gourmands, Le Figuier, Bamako, Mali, 1997.
littérature jeunesse
La Savonnière, Le Figuier, Bamako, Mali, 2003.
La Potière, Le Figuier, Bamako, Mali, 2003.
La Fileuse, Le Figuier, Bamako, Mali, 2003.
autres publications
Mali–Ils ont assassiné l’espoir, essai, L’Harmattan, Paris, 1985.
Le casier judiciaire, nouvelle publiée dans le recueil La Voiture est dans la piroge publié par les Editions Le Bruit des Autres.
Départements et territoires d'outre-ciel. Hommage à Léopold Sédar Senghor, anthologie, regroupant des textes de Maïssa Bey, Ananda Devi, Moussa Konaté, Samira Negrouche, Nimrod, Jean-Luc Raharimanana, Khal Torabully, Khal Torabully, Editions La Passe du vent, 2006
théâtre
Théâtre
Khasso, (2004)
Le royaume du Khasso est menacé par l’invasion des Blancs. Le conseil de guerre envoie le frère du roi, le prince Diango, guerrier sans peur et sans reproche, à la tête de l’armée pour mater l’invasion. Face à la puissance des armes des Français, pour des raisons tactiques, il ramène provisoirement ses troupes au bercail. Un ennemi de la famille fait alors circuler la rumeur que le prince a hésité ; sa parole est remise en question et son honneur bafoué. Le roi doit agir et prendre une décision pour le bien de son peuple, la pérennité du Khasso.
Malgré les apparences, Khasso n’est pas une pièce historique. La référence à l’histoire n’est qu’un prétexte. L’important c’est le huis-clos dans lequel se meuvent des gens liés par le pouvoir et qui, croyant agir, sont tenus par leur destin. Au-delà se posent deux questions essentielles : d’où vient l’Afrique et où va-t-elle ?
Nombre de personnages : 1 femme, 4 hommes.
Editions Théâtrales, coll. Passages francophones, avril 2005.
Un Appel de nuit (1995) :
Une tendre complicité entre frère et sœur, la cinquantaine, partagés entre leur statut d’immigrés et la volonté de vivre au rythme de ce pays qui les a accueillis.
Nombre de personnages : 2 femmes, 2 hommes.
Lansman Editeur, Carnières, Belgique, 1995; Réédition 2004.
Un Monde immobile (1994)
L’histoire de deux parents maliens qui tentent de conserver la toute puissance familiale étouffant ainsi l’esprit d’indépendance de leurs deux fils. L’aîné se libère de l’emprise familiale laissant derrière lui son cadet impatient de se défaire de liens paralysants.
Nombre de personnages : 5
Edition La Sahélienne, Mali, 1994.
L’Or du diable (1985)
A Bamako, une rumeur se répand : le fleuve Niger, qui traverse la capitale, charrie des pépites d’or. C’est au moment de la grande sècheresse qui devait durer dix ans. De tout le pays affluent des chercheurs d’or qui envahissent les rives du fleuve. Hélas, on finit par se rendre compte qu’il ne s’agit que d’un rêve. En attendant, le vieux Ladji fait venir du village son neveu Fangatigui à qui il demande de lui apporter coûte que coûte de l’or.
Un grand éclat de rire dans la douleur.
Nombre de personnages : 5
L’Harmattan, Paris, 1985 (suivi de Le cercle au féminin).
Le Cercle au féminin (1985)
Dans une société où la femme doit encore arracher sa liberté, un groupe de femmes, ayant rompu avec leurs époux décident de voler de leurs propres ailes. Malheureusement, elles n’étaient pas préparées à cela. La cohabitation est difficile et il y a toujours un homme qui attend ou qu’on attend.
Nombre de personnages : 4
L’Harmattan, Paris, 1985 (avec L'Or du diable).
Le dernier pas
Histoire de la fin d’un couple qui va mal. Madame soupçonne monsieur d’infidélité par une nuit pluvieuse. Peu à peu, la discussion devient dispute et les secrets, sous l’effet de la colère, se dévoilent. C’est désormais une lutte à mort, personne ne voulant laisser l’avantage à l’autre au moment où le couple entame la dernière marche qui mène à la rupture.
inédit. Nombre de personnages : 2
à propos de Moussa Konaté
Ayant abandonné la fonction publique malienne, sans autre ressource que son ambition d’écrire, Moussa Konaté a dû traverser des moments bien rudes. Pour survivre, il lui fallait avoir la rage d’écrire. C’est ainsi que petit à petit se met en place un embryon d’œuvre comprenant des romans, des nouvelles, des pièces de théâtre et des essais. Ainsi, au moment où les écrivains sont presque tous spécialistes d’un genre, Moussa Konaté, lui, apparaît comme un écrivain d’autrefois. Et un dilettante aussi.
Quand on lui reproche son style un peu trop classique, l’auteur répond qu’il n’y peut rien. « La phrase grecque m’a marqué de façon indélébile», se justifie-t-il. Il se déclare admirateurs des romanciers russes du 19e siècle que sont Tolstoï et Dostoïevsky. Et si, à l’exemple de ses modèles lui aussi n’était qu’à la recherche de l’Homme ?
liens
Africultures
Editions Théâtrales
RFO (deux interviews de Moussa Konaté à écouter)
mise à jour décembre 2007
photo Alain Chambaretaud