Koffi Kwahulé


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France - Côte d'Ivoire
Bourse du Centre national du Livre - 1996


Auteur, metteur en scène, comédien.
Né en mai 1956 à Abengourou (Côte-d'Ivoire).

Koffi Kwahulé s'est formé à l'Institut National des Arts d'Abidjan. En 1979, il entre à l'école Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de Paris (rue Blanche) où il reçoit le premier prix de Comédie moderne, tout en poursuivant des études à Institut d'Etudes théâtrales et cinématographiques de la Sorbonne Nouvelle (Paris III ) où il obtient un Doctorat d'Etudes théâtrales un DEA d'Etudes théâtrales et cinématographiques.

"De Cette vieille magie noire (1993) aux plus récents Jaz (1998), P'tite-Souillure, Big Shoot et Misterioso-119 le théâtre de Koffi Kwahulé est travaillé par le jazz Et ce rapport au jazz dépasse largement la simple thématique ; il habite son écriture de l'intérieur et structure la poétique de son théâtre, comme la musicalité de la langue. Son écriture s'inscrit en réaction aux canons traditionnels et se nourrit d'éléments aussi divers qu'hétérogènes, se déplaçant constamment d'un continent à un autre, traversée par l'oralité, pour aboutir à une somme de cultures.
Pour la plupart traduites en anglo-américain, allemand, bulgare, anglais, néerlandais, italien, flamand, tchèque, grecque, slovaque, ses œuvres sont éditées aux éditions Lansman, Actes Sud-Papiers, Acoria, Théâtrales." Africultures

En 2006, il publie son premier roman Babyface, éditions Gallimard pour lequel il reçoit le Grand Prix Ahmadou Kourouma 2006 et le Grand Prix Ivoirien des Lettres 2006.




roman et nouvelles


Babyface, éditions Gallimard, Continents Noirs, 2006. Prix Ahmadou Kourama 2006 décerné par Salon international du livre et de la presse de Genève.

Elsa Cohen, 2007, nouvelle, in Afrique(s), publiée dans "Librairies du Sud", Marseille 2007.

Western, nouvelle, Revue "Le Paresseux", 2003.

Veillée d'armes, nouvelle, in Babel heureuse, Editions L'Esprit des Péninsules, Paris, 2002.

La Jeune fille au gousset, nouvelle, in Africultures n° 10, 1998.



théâtre


Les Créanciers, Editions Théâtrales, 2007.

Aziou Liquid (avec O. Brunhes et F. Prodromidès) Editions Avant-Scène Théâtre, 2007.

Brasserie
Editions Théâtrales, 2006. Lecture dirigée par Philippe Sireuil, samedi 29 octobre 2007, dans le cadre de «l'Imparfait du présent», 24es Francophonies en Limousin.
Quelque part en Afrique, une guerre fratricide a détruit tout le pays. Les vainqueurs, deux clowns sanguinaires, ont réussi à prendre la brasserie qui a miraculeusement résisté au massacre. Cette source de revenus du nouveau pouvoir, plus avide de profit que de démocratie, dépend d'une Européenne avec laquelle il faut composer.
Des tueries des libérateurs de pacotille aux rouages du néocolonialisme, en passant par le détournement de l’argent public et les fausses promesses politiques, la pièce nous entraîne avec beaucoup de dérision et d’ironie dans les horreurs de la guerre et les dérives de ses lendemains.
Personnages : 1 femme, 3 hommes


Blue-s-cat,
Éditions Théâtrales, 2005. Mise en scène de l'auteur à la Chapelle du Verbe incarné d'Avignon, en juillet 2006.
Un homme et une femme dans un ascenseur. Lorsque l’ascenseur s’arrête soudain, la femme est confrontée à une situation qu’elle ne contrôle pas et qui lui est insupportable. Incapable d’assumer son propre désir face à cet homme avec qui elle partage cette forme d’intimité particulière, elle préfère se replier dans la peur de l’autre. Une peur qui, peut-être, la conduira au meurtre. Une comédie aux rythmes du scat (accident musical en jazz inventé par Louis Armstrong).
Personnages : 1 femme, 1 homme


Scat
Lansman éditions, 2003, in 5 petites comédies pour une Comédie. Mise en scène Yves Bombay, Comédie de Saint-Etienne, 2003.


Le Masque boiteux,
éditions théâtrales, 2003 ; mise en scène S. Koly et A. Dine, Glob Théâtre de Bordeaux, novembre 2002.
Tandis que la Seconde Guerre mondiale ravage l’Europe, quelque part en Afrique, un masque danse. Arrive un officier européen chargé du recrutement. Il interrompt la cérémonie, déshabille le masque en public puis l’affuble manu militari d’un uniforme de tirailleur. C’est ainsi que Goliba, " le montreur de masque", se retrouve pataugeant dans la neige et confronté à ce qui reste encore peut-être " le moment le plus sophistiqué et le plus barbare du dernier siècle. "
Personnages : une quinzaine


Misterioso-119
éditions théâtrales (avec Blue-s-cat), 2005, commande du Théâtre national de Bretagne. Mise en scène par Alex Lorette (Cie Kinesis), au Théâtre Marni de Bruxelles en 2007.
Un ancien couvent abritant une prison de femmes. Toutes ont été détenues suite à des deals, meurtres ou vols. Elles n’ont pourtant pas renoncé : ni à la parole qui permet de se raconter, ni aux obsessions et à la sensualité débordante qui les habitent. Pendant que la parole se libère, une prisonnière interprète inlassablement un morceau à "fendre l’âme", le Misterioso 119 de Thelonius Monk.
Personnages : 6 femmes


El Mona
Lansman éditions, 2001, in Liban, Ecrits nomades.
Mise en lecture de Jean-Michel Coulon au Théâtre des Fédérés de Montluçon (CDN), 2001. Lecture (version pupitre) par Jean-Luc Paliès, mardi 21 novembre 2006, Théâtre du Rond Point à Paris, Les Mardis midi.
Sur la frontière d'El Mona, paradis décimé par la guerre, vit une foule hétéroclite autour du maître du mégaphone, propriétaire du seul engin qui permet de communiquer avec ceux de l'autre côté de la frontière... Les personnages hauts en couleur forment un laboratoire tragi-comique des rapports humains dénaturés par la guerre et la loi du profit.
Personnages : 4 femmes, 5 hommes


P’tite-Souillure
éditions Théâtrales (avec Big Shoot) ; mise en scène E. Salzmannovà, DISK de Prague, 2003 ; texte lauréat des Journées des Auteurs de Lyon.
Histoire ontologique d’une société où le secret tient lieu d’éthique : P’tite souillure est la parabole de l’inceste originel, dont il faut bien un jour payer le prix, et dont le mystérieux Ikédia, messie pyromane, incarne la conscience coupable. Celle d’une humanité qui refuse le souvenir et croit avoir enterré le feu de ses destructions.
Personnages : 2 femmes, 2 hommes


Big Shoot
éditions Théâtrales (avec P'tite Souillure)
mises en scène S. Amodio, Théâtre du Grütli de Genève, 2003 ; Kristian Frédric, L'Athanor, scène nationale d'Albi, avril 2006 ; Merel van Nes au Festival Verse Waar (Chassé Theater) de Breda en juin 2005, (trad. néerlandaise d'Eveline van Hemert) ; Kristian Frédric au Théâtre Denise-Pelletier de Montréal, septembre 2005.
Itinéraire - quelquefois scabreux - où un bourreau qui a tout à avouer tente d’extorquer des aveux à une victime qui n’a rien à dire. Interrogatoire poussé, sévices psychologiques de détraqué, folie et sexualité où le bourreau se fait artiste et offre à la curiosité malsaine de la société le spectacle de son crime.
Personnages : 2 hommes


Il nous faut l'Amérique, 1997,
Editions Acoria, Paris, 2001. Lecture par l'auteur à l'Alliance Française de New York, 1993 ; lectures par l'auteur au Festival des francophonies en Limousin, 1996 ; mise en scène Yves Sauton, Avignon Off, 2000.
Tout commence par un pain, un pain tendre, un bon pain que Topitopi et Badibadi, sa femme enceinte, partagent avec Opolo, l´ami de la famille. Faute de caler les ventres, le bon pain est prétexte à des palabres. Mais voilà que le miracle arrive grâce à Badibadi. Le miracle a l'odeur du pétrole. Oui ! Badibadi pisse du pétrole !
Personnages : 1 femme, 2 hommes


Jaz,
éditions théâtrales, 1999 (avec La Dame du café d'en face) ; mise en scène de Daniela Giordano, Teatro del Fontanone de Rome, 2000, traduction de Gianni Poli.
Jaz est son nom. Il a peut-être à voir avec la musique. Peut-être pas. Jaz ne sait pas. Ne sait plus. On l'a toujours appelée ainsi. Peut-être après tout n'est-ce pas son nom. Jaz ne parle pratiquement pas d'elle. Jaz d'ailleurs parle très peu. Est-ce par culpabilité ? Mais si Jaz ne parle pas, son amie va parler pour elle.
Personnage : 1 femme


Les déconnards ou Le Village fou, 1997
pièce créée le 23 avril 1998 au Festival international du Mono-théâtre d'Abidjan, mise en scène Sidiki Bakaba et l'auteur. Prix UNESCO du MASA 1999 à Abidjan.
Monsieur vit seul. Avec un fantôme d´invité qui pourrait venir de son village natal, celui des Déconnards. Chacun a gardé un pied dans sa case et mis l'autre dans sa piaule. Pas facile de faire le grand écart entre les sorts jetés et les rappels de l'EDF. Le grand écart est celui de la langue.
Personnage : 1 homme


Les Créanciers, 1997 ; créée en mai 1998 par le Nord-Ouest théâtre (théâtre forain), mise en scène de René Pareja.


... et son petit ami l'appelait Samiagamal (1996) théâtre, dans Brèves d'Ailleurs, éditions Actes Sud Papiers, 1997.


Bintou, 1996.
Editions Lansman, Belgique, 1997, nouvelle édition en 2003.
Création au Théâtre International de Langue Française en 1997, mise en scène Gabriel Garran et Pascal N'Zonzi ; lecture spectacle dirigée par Michelle Rossignol au Monument National de Montréal (Canada-Québec) lors du Festival de Théâtre des Amériques, mai 1997 ; mise en scène Rosa Gasquet, Théâtre Océan Nord de Bruxelles, en 2003, version présentée aux Francophonies en Limousin, en partenariat avec les Rencontres de la Villette hors les Murs, en 2004.
Bintou a treize ans, elle se rebelle, rejette tout : l'autorité, les parents, l'école, la vie. Seule compte la bande, sa bande. Un face à face troublant où l'attitude ambiguë des adultes s'oppose à la violence des jeunes. Une tragédie d'aujourd'hui.
Personnages : 6 femmes, 6 hommes


Fama, théâtre, 1995.
Editions Lansman, Belgique, 1998. Aide à l'écriture d'Afrique en Créations. Création aux 15es Francophonies en Limousin, 1998, mise en scène Koffi Kwahulé, avec l'Ymako Teatri d'Abidjan.
Inspirée de l'univers romanesque d'Ahmadou Kourouma, Fama raconte - à travers l'aventure d'un personnage emblématique au destin tragique - les trois grandes étapes de l'histoire récente de l'Afrique : la colonisation, les indépendances, les aspirations démocratiques. Jusqu'à cette Afrique contemporaine où les prophéties des sorciers ont cédé la place aux stratégies politiques et à la langue de bois.
Personnnages : 3 femmes, 10 hommes


La dame du café d'en face,
1994, Editions Théâtrales (avec Jaz), 1999. Prix SACD du concours RFI/Théâtre 1994 ; radiodiffusée par Radio France Internationale - présentée par Tola Koukoui au Théâtre International de Langue Française, Paris, lors de L'Enjeu Francophone 1995. Mise en scène . J. Heldenberg, Zuidpool Theater d’Anvers, 2004.
Comédie écrite sous le signe du fou-rire.
Personnages : 3 femmes, 3 hommes


Cette vieille magie noire
Lansman, Belgique, 1993. Grand prix Tchicaya U Tam’si, RFI/ACCT 1992.
Mise en espace par le Ubu Repertory Publications, New York, 1993 ; lecture dirigée par Gabriel Garran en Avignon, 1993 ; lecture dirigée par François Campana en Avignon, 1995.
Un boxeur, qui aurait voulu être comédien, se trouve prisonnier d'un pacte avec la Communauté noire qui a fait de lui le symbole de sa suprématie... Prisonnier du cercle infernal de la victoire, il ne parvient pas à échapper à son destin.
Personnages : 2 femmes, 8 hommes.



textes de théâtre inédits


Le Grand-Serpent
1977 ; créée en 1981 au Centre Culturel de Treichville (Abidjan), mise en scène de Guédéba Martin - radiodiffusée par Radio France Internationale.

1 = 1 = 1
1982 ; créée en 1982 à l'INA d'Abidjan, mise en scène de Guédéba Martin, enregistrée par la télévision ivoirienne, radiodiffusée par Radio France Internationale.

Armageddon
1997. Lecture à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, avril 1997.



adaptation

Blues pour Sonny d'après une nouvelle de James Baldwin, mise en scène de Isa Armand, 2004.



essais, études critiques


Ubu roi de Jarry, étude critique, Bertrand Lacoste, 1993.

Pour une critique du théâtre ivoirien contemporain, L'Harmattan, 1996.

Senghor ou Le sacerdoce du pardon, in Mémoire Senghor, Ed. Unesco, 2006.

Frères de son ou Koffi Kwahulé et le jazz (avec Gilles Mouëllic), Editions Théâtrales, 2007.



portraits

Portraits latents,
conception et photos de Nabil Boutros, sélection de textes de Koffi Kwahulé, Dieudonné Niangouna, Marcel Zang et Koulsy Lamko, AFAA/Culturesfrance, 2006.



résidences


A Limoges, boursier du Centre National du Livre en 1996, pièce écrite Bintou.

A la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon dans le cadre du projet «Brèves d'ailleurs » (Maison du geste et de l'image), 1996, pour ... et Son petit ami l'appelait Samiagamal.

A la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon « Acteur-Auteur » (Centre Régional des Lettres du Languedoc-Roussillon et Centre International de Recherche, de Création et d'Animation), 1997, pour Armagedon et à nouveau en avril-mai 2000 (Bourse DTS 1999/2000).

A Limoges, résidence de création (mise en scène de Fama) à Limoges en compagnie de l'Ymako Teatri d'Abidjan (Afrique en Créations), dans le cadre des 15es Francophonies en Limousin, septembre/octobre 1998.

Résidence d’écriture à Byblos (Ecritures Vagabondes, Liban),

A BanffCentre (Canada 2001).

Musiques Métisses d’Angoulême 2001-2002 et 2002-2003).

En 2002, résidence d’écriture, La Ruche Sony Labou Tansi, à Bamako (Mali), boursier de la Fondation Beaumarchais.

Au Lark Theatre de New York (2003-2004, bourse "Etant donné" de l'Ambassade de France à New York, et au Festival de Berkshire (USA) (Août-septembre 2006, bourse "Etant donné" de l'Ambassade de France à New York.



l'écriture de Koffi Kwahulé

par Virginie Soubrier, enseignante, agrégée de Lettres classiques. Elle prépare une thèse de doctorat sur le théâtre de Koffi Kwahulé.


L’écriture de Kwahulé est (…) une écriture déambulatoire qui contraint celui qui voudrait en témoigner à une reconstruction a posteriori. Mais, en dehors de ces extravagances de la fable, construites le plus souvent par les mises en abîme, qui brouillent sa linéarité, la font digresser et instaurent ainsi un ton d’écoute, un personnage singulier nous paraît à même de mettre en lumière ce qui, dans l’écriture de Kwahulé, crée un effet d’improvisation et rappelle « cette coopération étroite entre l’improvisé et le composé » qui caractérise le jazz. Personnage paradoxal, il relève à la fois de l’ailleurs, du dehors, et de l’intimité des autres personnages : dans ces milieux cloisonnés où se déroulent les pièces de Kwahulé (cellule familiale dans La Dame du Café d’en face, cage de verre dans Big Shoot, ascenseur suspendu dans le vide dans Blue-S-cat, prison de Misterioso-119…), saturés par des passés lourds de viols et d’incestes, il arrive comme un intrus… »

Ce personnage, nous avons choisi de l’appeler « l’improviste », en empruntant ce néologisme à Jacques Réda. Agent rythmique, il crée une alternance de tensions et de détentes qui, effaçant toute causalité dramatique et toute cheville logique, contribue à la déchronologisation de la fable : plus d’avant ni d’après, ni de symétrie. Emportant le dialogue dans un flux continu ou discontinu, laissant les paroles en suspens ou les entraînant dans une espèce de mouvement giratoire, l’improviste est un personnage de l’entropie… Sa traversée aléatoire permet de déconstruire la structure dramatique initiale, où le temps (…) s'est endormi, et l’espace absenté. Car, sur son passage, les paroles se lèvent, al’improviso : au dialogue et à la tentation du monologue, il substitue une orchestration subtile des voix qui apparentent les textes de Kwahulé à de véritables oratorios… L’improviste est, pour reprendre une expression nietzschéenne, un « auditeur artiste » : même muet, comme dans Jaz, il inscrit sa présence au sein du drame et, sous l’effet de cette présence/absence, celle d’un tiers inclus, les paroles deviennent chants, les textes poèmes et les personnages sont pris dans une dynamique chorale. Grâce à l’improviste, le théâtre de Kwahulé est tout entier musique : sons "sales", langues "étrangères", typographie, didascalies, tressage des voix, gestuelle des personnages qui donne lieu à une espèce de lyrisme visuel, tout contribue à la fabrique d’un son et d’un rythme, d’une musique : le jazz de Koffi Kwahulé.



liens


Africultures
Théâtre contemporain
Editions Lansman

Editions Théâtrales

La Chartreuse

Cassandre
Entr'Actes / SACD


mise à jour janvier 2008
photo Patrick Fabre, 2007