Jean-Luc Raharimanana
Madagascar
Bourse de Beaumarchais, 1993
Il est né le 26 juin 1967 à Madagascar où il réside jusqu’à l’âge de 22 ans. Grâce à une bourse d’études, il arrive en France en 1989 pour suivre des cours à la Sorbonne et à l’INALCO. Professeur et journaliste pigiste, il collabore à de nombreuses manifestations littéraires et pédagogiques. En 2002, il laisse l’enseignement, notamment pour défendre son père qui a été arrêté et torturé à Madagascar. Il ressent alors l’extrême nécessité de consacrer la majeure partie de son temps à l’écriture, à la recherche, à la restitution de cette mémoire trahie par des récits où se confondent « mythe et réalité ». Remarqués par la critique et salués par des prix, ses livres ont été repris en poche et traduits dans plusieurs langues.
textes édités
Le Lépreux et 19 autres nouvelles, nouvelles, Hatier, 1992,
Lucarne, nouvelles, Le Serpent à Plumes, 1996,
Rêves sous le linceul, nouvelles, Le Serpent à Plumes, 1998,
Nour, 1947, roman, Le Serpent à Plumes, 2001,
Prosper, nouvelle, in Dernières nouvelles de la colonisation, Vents d’ailleurs, 2003
L'Arbre anthropophage, récit, éditions Joëlle Losfeld, Paris, 2004
Le Bateau ivre: Histoires en Terre Malgache, avec les photographies de Pascal Grimaud. Editions Images en Manœuvres, Marseille, 2003.
Pacification, nouvelle, in Dernières nouvelles de la colonisation, Vents d’ailleurs, 2006
Madagascar, 1947, Illustrations du Fonds Charles Ravoajanahary, éditions Vents d'Ailleurs, La Roque-d'Anthéron, 2007. 2e édition en 2008 (augmentée du texte malgache).
Enfances, nouvelles (ouvrage collectif), Ndze édition, 2006, poche Pocket, 2008
Za, roman, Editions Philippe Rey, janvier 2008.
Tsiaron’ny nofo, tononkalo, éditions K’A, 2008.
Les Cauchemars du gecko, théâtre, éditions Vents d'ailleurs, 2011
Portraits d'insurgés, Madagascar 1947, texte de Jean Luc Raharimanana, photos Pierrot Men, éditons Vents d'ailleurs, 2011. Exposition présentée à l'Université Paris Ouest - Nanterre La Défense du 10 mars au 5 avril 2011.
Des poèmes et nouvelles ont été publiées dans différentes revues : Interculturel (n° 13, 2009), Carnavalesques (n° 4 spécial Océan Indien, 2010 et n° 2, 2007)
théâtre
Le prophète et le président, théâtre, Ndzé éditions, 2008. prix du Théâtre interafricain Tchicaya U’Tamsi (RFI) en 1990. Mise en scène de Christiane Ramanantsoa (Madagascar, 1989) et de Vincent Mambatchaka (Bénin, Togo, Sénégal, Côte d'Ivoire, Centrafrique, France). Mise en onde sur R.F.I. (1993). Mise en espace par le Théâtre International de Langue Française (TILF) (Avignon, 1995). Mise en scène de l'auteur au théâtre des Déchargeurs, Paris (mai-juin 2005).
La femme, la dinde, les deux compères et la bouteille, jouée à La Réunion et en France en août-octobre 2004, mise en scène de Frédéric Robin, théâtre des Bambous, Saint Benoît, Centre Culturel Charlie Chaplin, Vaulx en Velin.
Le puits, théâtre. En production avec la Maison du Geste et de l'Image, le TILF et le Théâtre de la Villette, (Paris, Tours, Limoges, 1997). Publié chez Actes Sud Papier, 1997.
Lépreux, nouvelle. Mise en onde sur R.F.I. (1990).
Le tambour de Zanahary, conte musical. Awa Production, en collaboration avec le musicien Tao Ravao (France 2000-2001).
Instants malgaches, joué en 2001 au Théâtre Gérard Philippe en région parisienne et au festival Métissons à Marseille. Avec la participation de Jean-Luc Raharimanana et le musicien malagache Solo Razaf. Réalisation: Twamay Association.
Milaloza, conte pour onze conteurs et musiciens. Mise en scène de Bernadette Baratier et Laure-Marie Legay (Burkina Faso, Mali, France, Niger), 2004.
Lemahery et le caméléon, conte musical, en collaboration avec les musiciens Fabrice (Faffa) Andriamilantonirinason et Jean Ramanambita (du groupe Senge), 2006.
47, Revue Frictions n° 13/octobre 2008 (version scénique de Notoire, mise en scène Thierry Bedard, mai 2008, présentée au 25es Francophonies en Limousin 2008).
Les cauchemars du Gecko, (commande d'écriture de la compagnie notoire/de l'étranger) mise en scène Thierry Bedard, mars - avril 2010. Editions Carnets-Livres, 2009 (Fragments des cauchemars et autres fulgurances du gecko)
Des Ruines... la liesse et l'oubli, (texte écrit en résidence au Forum de Blanc-Mesnil en région parisienne) mise en scène Thierry Bedard, novembre 2010 (Nantes et Le Blanc Mesnil), avril 2011 (Saint-Nazaire), janvier-février 2012 (Maison de la Poésie à Paris).
ouvrages collectifs
La littérature malgache, numéro spécial 1 (juin-juillet 2001) de la revue Interculturel Francophonies (Italie).
Dernières nouvelles de la Françafrique (dirigé avec Soeuf Elbadawi). Editions Vents d'Ailleurs, 2003.
Identités, langues et imaginaires dans l'Océan Indien, numéro spécial 4 (novembre-décembre 2003) de la revue Interculturel Francophonies (Italie).
Dernières nouvelles du colonialisme. Editions Vents d'Ailleurs, 2006.
Départements et territoires d'Outre-ciel. Hommage à Léopold Sédar Senghor, recueil, La Passe du vent, 2006
Pour une littérature-monde, essai, Gallimard, 2007.
filmographie
Gouttes d'encre sur l'île rouge, portrait de l'écrivain Raharimanana. Documentaire de Randianina Ravoajanahary et Vincent Wable, 40', 2004.
prix et distinctions littéraires
1987 - Prix Jean-Joseph Rabearivelo de poésie.
1989 - Prix Tardivat International de la meilleure nouvelle de langue française (RFI, ACCT, Le Monde).
1990 - Prix Tchicaya U'Tamsi du théâtre interafricain, 1990, théâtre.
1998 - Grand Prix Littéraire de Madagascar (ADELF), pour Rêves sous le linceul.
à propos de L'arbre anthropophage par Jean-Luc Raharimanana
En 1999, de passage à Madagascar, je reviens sur les collines de mon enfance. Des villages ont poussé, des routes ont été tracées, lorsqu’avant n’y existaient que des herbes hautes, des rochers imposants. La pauvreté semblait s’accentuer. Et je ne comprenais pas. Tant de misère. Tant de désillusion. Tant d’oubli également. La nécessité d’écrire un livre d’essai me fut alors évident. Garder les traces de cette poésie qui a bercé mon enfance. Mais s’interroger aussi sur la mémoire de ces collines. Une histoire écrite par les vainqueurs et reléguant celle des vaincus dans la légende ou les rumeurs.
Décembre 2001, j’étais assez avancé dans mon ouvrage quand arrivèrent les présidentielles et les événements qui s’ensuivirent. La tension étant monté d’un cran, mon père ancien professeur d’histoire à l’université d’Antananarivo, décida d’arrêter ses émissions à la télévision et à la radio. Ma correspondance avec lui me confortait dans l’idée de la nécessité de publier ce livre d’essai. Mais il me fallait aller au bout de l’ouvrage, parvenir jusqu’à ce présent qui vacillait, pourquoi les Malgaches étaient au bord de la guerre civile. C’est dans ce contexte, quelques mois plus tard que survinrent l’arrestation et la torture de mon père.
L’essai, prenant déjà auparavant les détours des légendes –légendes comme puits de la mémoire collective, bifurquait alors dans ma propre vie. Je dus adopter une autre forme, celle du récit, forme qui domine dans toute la deuxième partie de l’ouvrage. Mon père était accusé des pires choses qu’il avait toujours combattues : ethnisme, tribalisme, séparatisme, corruption, constitution de milice, destruction de ponts… lui qui était pourtant intervenu à la télévision pour calmer la population face à la fuite des responsables politiques de sa ville, Mahajanga ; lui que les nouveaux responsables n’hésitèrent pas à arrêter aussitôt, transformant son acte citoyen en acte de rébellion et de barbarie. L’occasion était belle de l’écarter. La mémoire une fois encore est falsifiée.
liens
Africultures
Ile en ile : bibliographie complète, nombreux liens.
Théâtre contemporain
mise à jour janvier 2012