Sonia Ristic
Croatie - France
Bourse du Centre national du Livre - 2005
Résidence en septembre, octobre et novembre 2009
Auteure, metteure en scène, membre de la S.A.C.D.
Artiste associée à la Maison d'Europe et d'Orient
Auteure associée au Tarmac de la Villette
Née le 3 août 1972 à Belgrade, Sonia Ristic a grandi en Afrique, au Congo (ex Zaïre) et en Guinée. La moitié de sa scolarité s’est de ce fait, déroulée dans des établissements français. Elevée dans un esprit francophile, ses premières lectures et les premiers mots qu’elle a écrits ont été en langue française. C’est donc tout naturellement qu’elle est venue s’installer à Paris en 1991, afin de poursuivre des études de Lettres et de Théâtre. Elle travaille comme comédienne, intervenante en ateliers (en ZEP, mais aussi dans l’humanitaire). Depuis quelques années, elle se consacre surtout à l’écriture et à la mise en scène, publie des nouvelles dans des revues, crée la compagnie « Seulement pour les Fous » en 2004 et monte ses pièces Le temps qu’il fera demain et Quatorze minutes de danse.
Quatorze minutes de danse a été sélectionné pour le prix SACD 2005, et a obtenu l’aide à la création du CNT en 2007. La pièce sera créée au Tarmac de La Villette fin avril 2009.
Sonia Ristic a été accueillie en résidence à la Maison des auteurs grâce à une bourse du Centre
national du Livre, en 2005, pour l'écriture de Sniper Avenue. François Rancillac a dirigé une lecture de cette pièce, en septembre 2006, dans le cadre de L'imparfait du présent, aux 23es Francophonies en Limousin. La pièce a été créée par Magali Léris au Théâtre des Quartiers d'Ivry en octobre 2008.
En octobre 2008, Orages, son premier roman pour adolescents, est publié chez Actes Sud Junior.
En mars 2009, Sonia Ristic était l'invitée de "Nouvelles Zébrures", en partenariat avec "Les Auteurs vivants ne sont pas tous morts" pour une série de lecture de ses romans Orages et Une Ile en hiver, et la mise en espace par Filip Forgeau de L'Histoire de la princesse.
théâtre
Quatorze minutes de danse, texte et mise en scène de l’auteur, création, théâtre de Verre et C.A. Les Halles, Paris, février 2005. Création au Tarmac à Paris les 28, 29 et 30 avril 2009. Sélectionné pour le Prix SACD de la dramaturgie francophone en 2005. Aide à la création CNT en 2007.
Un couple se livre à des jeux étranges. Ils sont perdus dans le labyrinthe du souvenir des atrocités qu’ils ont subies, un enfer auquel ils ont survécu physiquement, mais où ils ont perdu leur âme. Composé de cinq monologues de femmes.
Personnages : 1 homme et 1 femme
Le temps qu’il fera demain, texte et mise en scène de l’auteur, théâtre de Verre, Paris, novembre, décembre 2003. Au programme de l'atelier de théâtre de D. Toubiana à l'Université de Limoges, 2005.
Des esclaves dans la cale d’un bateau, « une sorcière » sur un bûcher durant l’Inquisition,
une enfant juive à Auschwitz, une victime de la torture durant la Junta, une mère Tutsi qui
ferme les yeux des morts. Cinq monologues de femmes, entrecoupés de passages chorégraphiques.
Personnages : 5 femmes et des musiciens
Sniper avenue, théâtre, 2005. Mise en scène par Magali Léris du 7 au 18 octobre 2008 au Théâtre des Quartiers d'Ivry. Aide d'encouragment de la DMDTS, Ministère de la Culture en 2006. Lauréate du Concours de théâtre du XXIeme siècle en 2007. Finaliste du Pirx d'écriture théâtrale de Guérande, 2007. Fonds SACD en 2008.
Construite à partir de témoignages de citoyens de Sarajevo, Sniper avenue est une chronique,
l’histoire d’une famille bosniaque pendant le siège qui dura trois ans. Un quotidien rythmé
par la guerre, ou plus que de survivre, il s’agit de préserver la joie, l’humour, les petits riens
de la vie, comme acte de résistance contre la barbarie. Les personnages maintiennent l’architecture
d’une société qui ne doit pas disparaître, il y a toujours une croyance en l’homme,
en l’amour, c’est la force de la vie dans son combat contre une mort annoncée. Malgré le
désastre et la cruauté, un espoir subsiste dans la simplicité.
Nombre de personnages : 3 femmes, 5 hommes.
Les trois pièces ont été éditées dans un même ouvrage par les Editions Espace d'un instant / Maison d’Europe et
d’Orient (préface de François Rancillac).
Fin de siècle impassible, 1998, Inédit.
Le phare, 2006, Editions Lansman/collection Tarmac, décembre 2009. Lectures au Tarmac de la Villette et à la Maison d'Arrêt de la Santé à Paris en décembre 2008.
Là-bas / Ici, Editions de la Gare, 2008. Mise en scène de Là-bas par C. Boskowitz, Le Bocal de Printemps, Gare au Théâtre, mai 2007.
L’histoire de la Princesse, 2008, Inédit. Lecture lors de Bat la langue, le Mois des Auteurs au CDR de l'Océan Indien, avril 2007. Aide à l'écriture Beaumarchais (SACD). Mise en espace par Filip Forgeau, Compagnie du Désordre, en mars 2009 (Nouvelles Zébrures / Les Auteurs vivants ne sont pas tous morts - au Théâtre de l'Union à Limoges, Noth et Jabreilles les Bordes).
On assiste au procès de la Belle au Bois Dormant accusée d'avoir commis de multiples actes de terrorisme. Devant les Médias, l'Opinion publique, l'Accusation, la Défense, la Narration et les Psychologues elle devra se justifier de la colère provoquée par sa vie de femme, victime de sa destinée non choisie, de son profond désir de vivre sa vie, de sa rupture avec le Prince Charmant et de... l'explosion de centres commerciaux.
Personnages uniques ou individuels : 1 homme et 3 femmes, personnages multiples (ou choraux) : 8.
Faussaires et fantômes (en cours). Bourse de création du C.N.L.
La représentation de Hamlet au village de Mrdusa-d'en-Bas, de Ivo Bresan : traduction et adaptation, Editions l'Espace d'un Instant, mai 2009
romans
Orages, Actes-Sud Junior, octobre 2008.
Lorsque les anges déploient leurs ailes - A paraître
Une ile en hiver - inédit
Les années de lunes rouges - Inédit.
nouvelles et textes divers
Un couvert de plus,
troisième prix du Concours de nouvelles de la ville de Talange, novembre 2006
Revue Sang d’Encre (Toulouse) n° 81 - mars 2006.
Revue Le Bilboquet (Québec) n° d’oct. 2006.
Revue Les Refusés (Nancy) n°6 - juin 2007.
Revue Arkhaï (Lausanne) n°12 - avril 2007.
Comme un film
Revue Sang d’Encre (Toulouse) n° 82 - avril 2006.
La danse de la lumière
Revue Sang d’Encre (Toulouse) n° 83 - mai 2006.
Revue Virages (Québec) n° 37 - automne 2006.
Revue le Bateau Fantôme (Paris) 2007.
Deuxième prix, concours de nouvelles, la Compagnie Littéraire, juin 2005.
L’odeur de l’encens
In Vous m’en donnerez des nouvelles, recueil collectif, Ed. Itinéraires, sept. 2006.
Revue La porte des poètes (Paris) n° 4 - oct. 2006.
Revue Les refusés (Nancy) n°5 - janv. 2007.
Le présent, avec sa petitesse et sa grandeur
Revue Sang d’Encre (Toulouse) n° 84 - sept. 2006.
Revue Etoiles d’encre (France - Algérie) n° 27-28 - oct. 2006.
Lue par Leo Melo et l’auteur au Théâtre de Verre (Paris) - mars 2005.
Des gens étranges
Revue Archipel (Belgique), à paraître.
Lue par Suzie Bastien, la Soirée des auteurs, Les Francophonies en Limousin, oct. 2005.
Corrida
Revue Poésie / Première, n° 36 - nov. 2006.
Revue Les écrits (Québec) - déc. 2006.
Revue Sang d’Encre (Toulouse) n° 101 - mai 2008.
Ecce Homo
Revue Les refusés (Nancy) n° 4 - sept. 2006.
Un auteur, c’est un lecteur heureux
Revue Siècle 21 (Paris) n° 8 - printemps 2006.
Trois Nuits
Revue Rue Saint Ambroise (Paris) - 2007.
Revue Les Refusés (Nancy) n°7 - sept. 2007.
Panta Rei
Revue Etoiles d’encre (France - Algérie) n° 31-32 - oct. 2007.
Les chaussures de tango
Revue Les refusés (Nancy) n°8 – avril 2008.
Toutes ces nouvelles font partie du recueil Des gens étranges et autres histoires, lu par Claude Thébert à Très Classic (Genève, février 2006).
ateliers
Au sein de la Cie Z. Khan, ateliers d’écriture et d’improvisation théâtrale autour des thèmes de l’Identité et de la
Place. LP Aristide Briand et Collège Cachin au Blanc-Mesnil, Lycée Charles Péguy à Montreuil, Ecole Normale
Blomet à Paris, les six Classes d’Accueil non-francophones non-scolarisés du Rectorat de Paris (1995/96).
Au sein de la Cie Sortie de Secours, ateliers de Théâtre Forum, d’écriture et d’improvisation autour des
problèmes de violence et d’échec scolaire. École Primaire Barbanègre, Collèges Robert Doisneau, Fontaine au
Roi, Georges Clémenceau, Beaumarchais à Paris, bibliothèque des Bleuets à Créteil (1997/2001).
Atelier d’écriture et d’improvisation théâtrale sur les thèmes de l’Identité et de l’Attente avec le groupe de Sanspapiers
recueillis au Théâtre de Verre (1993).
Atelier d’écriture Nouvelles Ecritures Kinoises, Le Tarmac de la Villette et Le Tarmac des Auteurs, Kinshasa, juin
2007.
Atelier d’écriture L’adolescent au cœur du plateau, avec Magali Léris, Théâtre de Choisy le Roi, 2007/08.
Atelier de jeu d’acteur, Festival Mantsina sur Scène, Brazzaville, nov.2007.
Atelier à Mafate, lors de Bat la langue - Mois des Auteurs du CDROI, avec Pierrre-Louis Rivière, avril 2008.
Atelier d’écriture et de pratique théâtrale avec un groupe de détenus à la Maison d’arrêt de la Santé, pour le
Tarmac de la Villette, 2008.
Atelier d’écriture avec un groupe de détenus à la Maison d’arrêt de Fresnes, avec Gustave Akakpo, 2008.
Atelier d'écriture, classe à PAC, lycée Jean Macé, Vitry sur Seine, avec Magali Léris, novembre 2008.
résidences
Maison des Auteurs, les Francophonies en Limousin, sept-déc. 2005, bourse du Centre national du Livre,
Bat la langue - Le Mois des auteurs, CDR de l'Océan Indien, avril 2008.
liens
Théâtre contemporain
France Culture
Revue Rue Saint Ambroise
Théâtre du XX1e siècle / Scène Watteau à Nogent sur Marne
Sniper avenue
extrait
Le Sniper : Bonjour Sarajevo. Ravi de faire ta connaissance. Je ne t'imaginais pas comme ça. Je ne sais pas ce que j'imaginais. La ville. Nous autres, campagnards, on s'imagine toujours que la ville, c'est quelque chose d'extraordinaire. Je te croyais plus grande, plus impressionnante. T'es pas si grande que ça. De là où je suis, j'ai l'impression de te tenir toute entière dans ma paume. Je crois qu'on va s'aimer. T'es faite à ma mesure. Tu tiens dans mon viseur. T'es belle, illuminée comme ça, zébrée d'éclairs de tirs, dans la nuit. T'es belle, Sarajevo. Je t'aime déjà. Je viens d'arriver et je t'aime déjà. On m'a donné cette place, la meilleure, ils m'ont dit. Les meilleures places, pour les meilleurs tireurs. J'ai toujours été bon. Petit déjà, à la foire tzigane, chez moi. À onze ans, on m'a interdit le stand de tir. J'étais trop bon. Je dégommais tout, j'embarquais tous les lots, il ne restait plus rien pour les autres. Après, dans la Légion, j'étais un des meilleurs. J'aimais pas la Légion. La hiérarchie, les ordres, le travail de groupe. C'est pas pour moi. Je suis un franc-tireur dans l'âme. J'aime les rapports privilégiés. Pas d'ordres, pas de règles. Toi et moi. Et mon viseur entre nous.
avis du comité de lecture Beaumarchais
Sniper avenue est une très belle pièce où chaque personnage porte en lui de vraies questions et une
dignité humaine qui font que la vie en communauté continue à avoir un sens. L’auteur ne
donne pas de réponse mais montre des êtres, victimes de l’incompréhension et de l’ignorance
générale. La pièce pose des questions au monde extérieur qui serait comme dans l’incapacité
de faire siennes les douleurs des autres, des étrangers. Mais Sonia Ristic n’en reste pas là,
elle dessine la force de la vie dans son combat contre une mort annoncée. Ses personnages
maintiennent l’architecture d’une société qui ne doit pas disparaître, il y a toujours une
croyance en l’Homme. Malgré le désastre et la cruauté, un espoir subsiste dans la simplicité,
dans le non renoncement d’une famille. L’auteur inscrit la nécessité d’une musique tzigane,
d'une fête encore possible qui serait plus forte que la violence. Une musique qui induit un
temps scandé avec force, comme un repère artistique dans la forme du discours. Le fond
est traité par une forme qui propose des instants de parole distincts : à la fois des dialogues
dans un temps présent et des récits dans un espace poétique et/ou symbolique : comme un
mur ou un tunnel. Il y a aussi beaucoup d’humour dans cette pièce et c’est peut-être cela
qui lui donne une grâce particulière ; à l’inverse de l’ironie, l’humour permet un retour sur soi, une possibilité de recommencer.
note de Sonia Ristic
J'aimerais que les personnages se découpent en ombres chinoises sur un rideau de voile blanc. Que ce rideau soit un écran froissé, et que peut-être, des images d'archives y soient projetées. J'aimerais y retrouver les rues de Sarajevo, d'avant la guerre, et que ce soit le printemps. Je voudrais une fanfare tzigane et des rires. Des verres qui s'entrechoquent, des éclats de voix, et peut-être même une ronde. Je voudrais entendre des cloches et l'appel du muezzin. J'aimerais une fête du tonnerre de Dieu, une fête si folle que même une sirène d'alerte aérienne passerait inaperçue.
Théâtre des Quartiers d'Ivry : dossier Sniper Avenue
Ivry 94 (interview de Sonia Ristic à propos de Sniper Avenue)
mise à jour décembre 2009
photo Patrick Fabre, 2007